- Je sais, Alice. Marmonnais-je, lassée par son décompte quotidien depuis quelques jours.
- La Guadeloupe est vraiment une île magnifique. S'exclama-t-elle.
- Tu y es déjà aller ?
- Pas exactement, mais mes visions en disent beaucoup. S'écria-t-elle ravi d'elle-même.
- Et qu'as-tu vu ?
- De nombreuses choses.
- Comme ?... La poussais-je à continuer, toujours aussi lacée et fatiguée par son côté hystérique.
- Si je te raconte tout, je ne vois pas l'utilité du voyage.
- Ce pourrait être une solution ,en effet.
- Bella, ce voyage est très important pour Edward. Et il sera source de belles mise au point. Assura-t-elle.
- Que veux tu dire par « belles mise au point » ?
- Régler certaines choses qui se doivent d'être réalisées...
Je la soupçonnais d'en connaître beaucoup plus que je ne le pensais, et même peut être un peu trop.
- Il vaut peut être mieux que tu ne me dises plus rien. Affirmais-je, légèrement gênée par la vision qu'elle ai pu voir.
- Je voudrais juste te préciser qu'Edward préfère le bleu au rose.
- De quoi parles-tu, Alice ?
- Tu le verras bien assez tôt. Me rétorqua-t-elle - un grand sourire étendant ses lèvres fines.
Je ne cherchais plus à comprendre où elle voulais en venir, désormais.
Edward allait venir me chercher d'une minute à l'autre.
Pour une fois n'est pas coutume, j'étais tranquillement chez Charlie - en compagnie d'Alice - attendant que mon vampire m'emmène jusqu'à l'aéroport. J'avais insisté pour passer chez mon père et lui dire au revoir, avant d'aller m'exiler avec Edward sur une île pendant une durée indéterminée.
Mon géniteur m'avait d'ailleurs rappelé - malheureusement pour moi - les règles de base pour jeunes mariée en ne faisant pas abstraction du passage de jeune fille à vrai femme, l'utilité du préservatif, les filles encore jeunes mises enceintes sur un coup de tête et les vie gâchés par ces erreurs, ...
Conversation qui d'ailleurs m'avait énormément gênée et très embarrassée.
Alice ne me lâchait pas d'une semelle, et trépignais sur place du matin au soir durant plusieurs jours.
Je continuais à remplir mes valises en attrapant tout ce qui me passer sous la main - vidant au fur et à mesure tout mes placards et ma petite penderie.
Alice avait largement et longuement insistée pour que je ne parte pas avec seulement quelques petits T-shirts et un ou 2 jeans et shorts, et m'avait obligé à faire quelques boutiques et revenir avec quelques maillots de bain et 2 ou 3 paires de petites chaussures décontractées.
Je m'exécutais alors sans faire d'histoire, espérant entendre la Volvo sur les graviers devant la maison.
Alice était vraiment intenable ces derniers temps - entre le mariage récent et maintenant le voyage de noce précipité.
Après un moment qui m'avait paru une éternité, le ronronnement de la Volvo se fit entendre de dehors; puis apparut ensuite le ténor de mon homme au pas de la porte. Charlie l'avait accueilli presque aussitôt après l'avoir entendu frapper à la porte. Ses relations avec Edward restaient cependant encore difficiles. Mon père avait encore légèrement du mal à accepter Edward comme étant son gendre.
Je me hâtais de descendre au rez-de-chaussée suivit de très près par Alice. Je loupais la dernière marche et failli tomber, mais les réflexes d'Edward me permirent d'échapper à cette honte.
- Fichu maladresse. Grognais-je.
Edward m'attira dos contre son torse, me ceinturais de ses bras, et posa son menton dans mes cheveux.
Ma petite interruption brutale ne l'empêchait aucunement à poursuivre sa petite discussion avec mon paternel - malencontreusement pour moi, encore une fois.
Charlie ne pouvait décidemment pas se passer de ses fichus règles de sécurité pour jeunes époux, inexpérimentés dans les relations sexuelles.
Edward parvenait à garder son sans froid et à le laisser parler jusqu'au bout, afin de le rassurer.
Pour ma part, j'allais finir par en vouloir éternellement à mon père s'il n'arrêtait pas de suite ses mises en garde sur la sexualité.
- Papa, le vol ne nous attendra pas. Le coupais-je dans ses explications gênantes.
- Bella, vous n'allez pas mettre 2 heures jusqu'à l'aéroport.
- J'aimerai repasser chez les Cullen pour remettre quelques affaires au point.
Il se contenta de se renfrogner et de croiser les bras sur son torse. Je prit Edward part la main et l'entraînai vers la sortie. Alice nous suivit de sa démarche élégante avec mes bagages dans les bras. Je fis un dernier signe de la main à Charlie avant que la porte ne se referme sur nous. Je ne tenais pas à m'éterniser plus longtemps chez moi avant un père sur le qui-vive.
Edward m'entraînai rapidement vers la Volvo. J'eus la surprise de remarquer l'absence de bagage à l'arrière.
Sûrement averti par mon expression, Edward s'expliqua.
- Ils sont chez moi. Alice m'a prévenu que tu désirerais repasser chez nous avant d'entamer la route.
J'acquiesçais.
Edward m'aida à m'installer côté passager pendant qu'Alice montait sur la banquette arrière avec mes valises - de l'autre côté. Mon vampire fit le tour de la voiture à allure humaine - sûrement conscient du regard de mon père depuis la maison. Il s'installa à mon côté, me prit la main et démarra. Je jetai un nouveau regard vers la maison, la lumière du porche était éteinte.
Je m'autorisai à souffler, posai mon crâne sur l'appui tête et fermai les yeux.
- Sa va, mon amour ? S'enquit mon ténor.
- Oui, je souffle c'est tout.
A peine sa phrase terminée que la voiture se stoppai. Je rouvris les yeux et l'immense demeure blanche s'offrit à moi. Le trajet s'était déroulé plus rapidement que dans mes souvenirs.
J'entrepris d'ouvrir la portière mais Edward était déjà posté à mes côtés et me tendait la main. Je rigolais intérieurement et lui prit cette dernière. J'avançais maladroitement dans la pénombre - soutenue par Edward - et gagnai finalement la grande porte d'entrée.
Edward héla dans un souffle chacun des membres de sa famille, et bientôt tout le monde était devant nous. Alice rejoignit rapidement Jasper.
Je sortis alors une enveloppe de ma poche.
- Bella ! S'offusqua de suite mon mari, après avoir compris ce que contenait l'enveloppe.
Je n'écoutais pas les sarcasmes d'Edward et tendit l'emballage en papier à Carlisle. Ce dernier l'ouvrit curieux de savoir ce que le fourreau contenait.
- Je ne peux pas accepter, Bella.
- Bien sûr que si, Carlisle. J'y tiens, s'il vous plait.
- C'est une gentille attention, met je ne peux pas.
- Pourquoi ? Chuchotais-je, déçue par son refus.
- Prend ce voyage comme un cadeau. Cela nous ferait plaisir que tu profites pleinement de cette excursion avec Edward, et ce sans ne rien n'avoir déboursé.
- Vous me gâter beaucoup trop.
- Peu de personnes résonneraient comme toi, Bella. Ironisa-t-il.
- Mais je ne suis pas comme tout le monde. Ironisais-je à mon tour.
- Je te remercie tout de même de cette attention. Reprit-il.
- Je ne pourrait pas vous faire changer d'avis ? Tentais-je.
- Je ne crois pas, non. Un voyage de noce pareil n'est pas à la portée de tous, alors profitez-en.
- Merci, Carlisle.
Je baissai l'enveloppe contenant l'argent de mes économies et enserrai Carlisle.
- C'est normal, Bella. Si nous ne pourrions pas nous le permettre, nous accepterions ton aide avec plaisir.
- Votre vol part dans 1 heure. Nous informa, Alice.
Je desserrai mon étreinte et remerciai encore une fois le père de famille. Je passai ensuite entre les bras d'Esmé - qui me souhaitai bon voyage -, avant de passer entre ceux d'Emmet - qui se moquai à nouveau de moi pour ma musculature non impressionnante et ma légendaire maladresse. Après ses railleries - qui m'étaient désormais quotidiennes et habituelles -, Alice m'étreignis fermement - me coupant le souffle - et me prédit également bon voyage. Jasper se contenta de m'embrasser légèrement sur la joue et de me souhaiter bonne virée. Rosalie ne me toucha pas et se satisfaisait d'un hochement de tête et d'un léger sourire.
Edward m'entraîna ensuite vers l'extérieur, où tout les Cullen nous suivirent. Je montai à l'avant de la Volvo rutilante, et patientai sagement qu'Edward démarre la voiture. Ce dernier fit un signe de main à sa famille et commençai à se diriger vers le chemin de la 4 voie. Je sortis le bras par le carreau et leur fit signe au revoir.
Par le rétroviseur, j'aperçu Alice sautiller sur place et me rendre mon geste de la main ainsi que le reste de la famille sourire dans notre direction.
La fraîcheur de la nuit envahie rapidement l'habitacle, et je ne tardai pas à remonter la vitre.