Les regards et les traits qu'elle avait laissés apparaître - il y a de ça à peu près 1 heure - à l'aéroport, me laissaient pantoise et suspecte. Peut être étais-ce une réaction dû à la peur de prendre l'avion ? Prendre un vol la rendait peut être anxieuse et par conséquent sèche et agressive dans son attitude ?
A toutes ces interrogations, convenait une réponse positive commune. Oui.
Mais un élément me permettait de croire en l'existence d'une réponse négative. Un élément de taille. Edward était bel et bien incapable de déchiffrer ses pensées. Pourquoi donc ? Était-ce une simple coïncidence ? Ou un élément nécessaire à l'échafaud ?
Mon esprit fourmillai d'interrogation, plus complexes les unes que les autres ; et savoir Edward à côté de moi en possession d'éléments peut être évidents à ma réponse, m'agaçait au plus haut point.
Pourquoi ne voulait-il pas m'en parler ? - Partager ce qu'il avait appris depuis son appel avec Alice ?
Devais-je être tenue au courant ? Bien sûr que oui. J'étais une Cullen à présent. Mais Edward ne c'était toujours rangé à cette première évidence.
Le vol se poursuivait et l'île sur laquelle nous avions séjournée avait finit par disparaître de notre champ de vision. L'étendue bleue de la mer s'étendait sous l'appareil volant - dans lequel nous étions, et les nuages étaient dissipés.
Le paysage de Forks apparaissaient de plus en plus. L'état vert et humide finissait par remplacer le sable, la mer, les palmiers et le soleil.
Edward demeuré tout aussi tendu qu'au début du vol. Pas un mot n'était venu dérangé notre silence.
Enfin, nous atterrissions. La passerelle fut à nouveau placer contre l'avion et reliait l'intérieur de l'appareil à l'extérieur. Edward et moi fûmes les premiers à retrouver le sol de Forks avec hâte.
Je pus constater que les Cullen attendaient patiemment à la limite du tarmac - sur lequel nous marchions dans leur direction.
La surprise et la joie ne se reflétait pas sur leurs traits - d'habitude sereins, mais le doute et l'angoisse apparaissaient très clairement - chose inhabituelle et anormale.
Je m'efforçais d'avaler la boule qui obstruait ma gorge quand nous arrivions à leur niveau.
Rosalie ne m'adressa qu'un vague sourire, Emmet - qui avait quitté son éternelle bonne humeur - se contenta de me taper l'épaule. Jasper, m'adressa un sourire qui se voulait rassurant et réconfortant. Carlisle m'embrassa tendrement les joues - comme un père l'aurait fait à sa fille. Esmé ne se départit pas pour autant de son côté maternel et tendre. Cette dernière m'enserra fortement contre elle en me souhaitant le bonsoir.
Pendant que la femme vampire se détachait prudemment de moi, j'articulais.
- Esmé, allez-vous m'expliquer ce que signifie tout ça ?
- Nous t'expliquerons en temps et lieu idéaux. Répondit le patriarche, à la place de sa femme.
J'acquiesçais, mémorisant cette promesse faite par le chef de famille.
La famille que je venais à peine de retrouver se retourna en un geste identique et simultané vers la femme blonde qui passa à nos côtés pour entrer dans le hall. Cette dernière c'était reconstruite une façade rayonnante et joyeuse. Je fus soulagée de la voir dans cet état. Ce devait être l'avion qui l'avait rendu sournoise et abjecte.
Malheureusement je constatai qu'Alice ne s'était pas déridée, qu'Emmet serrait les poings, que Rosalie la fusillai du regard. Carlisle semblait demeuré dans sa posture de maître de famille en ne laissant rien transparaître clairement. Esmé s'était rapprochée de moi en un geste protecteur et possessif. Ce dernier sentiment m'avait d'ailleurs surprise.
Edward s'était de nouveau figé mais s'efforçais de l'ignorer.
Je fus apparemment la seule à réagir positivement à son passage, ce qui me laissa perplexe et soucieuse.
- Nous ne devrions pas nous attarder plus longtemps ici. Déclara Carlisle lorsqu'il s'aperçut que la femme blonde - qui était désormais au centre de toute l'attention - ne sortit pas de l'aéroport mais reprit un autre vol en direction de l'Italie.
Quelque chose dans le comportement de Carlisle me fit comprendre que les doutes qui l'avaient jusqu'ici assaillis semblaient malheureusement se concrétiser et se confirmer.
Me savoir mise à l'écart me blessait, mais je ne tenais pas à le montrer, sachant que ce devait être la meilleure solution pour moi pour le moment. Je me résignais à comprendre la situation et à attendre les explications de Carlisle.
Sur l'ordre de ce dernier, nous quittions tous l'aéroport. Chacun retrouva sa voiture respective y compris Edward qui reprit possession de sa Volvo. Comme à mon habitude je prit place à ses côtés, à la place passager.
Sur le chemin du retour, la conversation allait de bon train. Pour une fois n'est pas coutume, Alice avait délaissée sa porche - qu'elle avait laissé à Jasper - afin de monter avec Edward et moi à l'arrière de la Volvo.
Le petit lutin noir et blanc était bien évidemment le moteur de la discussion, et animé le dialogue avec entrain en nous questionnant sur notre voyage de noce passé. La réponse d'Edward fusa dès sa première référence au voyage.
- Nous aurions de loin préféré un voyage non écourté et tranquille du début à la fin. Lui reprocha-t-il, sèchement.
Mon feu-follet préféré ne prit pas plus intérêt de la remarque de mon mari, et continua de me poser un tas de questions, en passant du général au particulier - en faisant référence à des choses bénignes et dont je n'avais même pas prêter attention.
D'ailleurs mon manque d'intérêt pour les choses l'exaspérait. On pouvait souvent l'entendre soupirer ou bien me reprocher mon manque de subjectivité.
Alice avait largement trouvé le bon moyen pour me détourner de l'histoire qui se tramait sous mes yeux. J'en était arrivée au point d'oublier la mystérieuse jeune femme, la réaction des Cullen à son égard, le voyage écourté par une quelconque raison,... ce qui eu également le don de détendre provisoirement l'atmosphère.
La grande demeure blanche des Cullen était désormais percevable à travers la forêt trop verte. Le sentier que j'avais tant eu l'occasion d'emprunter était parvenu à nous mener au pied de la villa. Une fraction de seconde après que le Volvo se soit garée, que ma portière s'ouvrit sur Edward et Alice à ses côtés. Tout deux affichaient un air résigné mais stressé et angoissé.
Je devinais que trop bien que c'était l'heure de la révélation en ce qui me concernait.
L'appréhension et l'impatience étaient 2 sentiments qui s'affrontaient et se partageaient en moi.
J'avais réellement peur de connaître la tournure qu'avait prit les évènements durant notre absence, mais tenais absolument à être mise au courant le plus rapidement possible.
Edward m'aidait à me remettre sur mes pieds, pendant que le reste des Cullen me proposaient d'entrer chez eux. Comme à mon habitude, je ne me fis pas prier et entrai pour la énième fois dans le nid à vampire que je convoitisais tant.
Aussitôt le seuil de la porte dépassé, qu'une atmosphère pesante régnait dans le salon et qu'un air grave prenait possession de tout les traits - y compris les miens.
Carlisle me désigna du doigt la salle à manger, où la grande table - qui avait l'habitude d'accueillir ses propriétaires en cas de force majeur - prenait place en son centre. Je m'installai à ma place assignée, suivie par le reste de la famille. Edward s'installa à mes côtés ,en gardant ma main entre la sienne.
Ce premier ne parvenait pas à garder son calme habituel, le remplaçant par un stress et une inquiétude digne de ces noms.
Une onde de quiétude et de courage parcourut l'ensemble de la salle. Son émetteur fixait la table avec grand intérêt. Sûrement était-il également inquiet par les évènements, mais ne voulait-il pas le montrer librement ? Sans aucun doute.
- Bella. Commença Carlisle. Tu dois sûrement te poser un certain nombres de questions.
J'opinai.
- Aurais-tu des hypothèses à nous confier par rapport à ce que l'on s'efforçait à te cacher jusqu'à maintenant ? Me demanda-t-il, serein.
Je réfléchis un instant, ne trouvai cependant rien de très moral à proposer.
- Bien. Edward et le reste du clan ne cherchons qu'à te protéger, du mieux qu'il nous est donné. Tu es assez mature et réfléchie afin de comprendre cela. C'est pourquoi toute vérité n'est pas bonne à dire, qui plus est dans l'intérêt de tous.
J'acquiesçai, ne sachant pas encore exactement où il voulait en venir.
- Vivre avec des vampires comportent -, comme tu as pu y être témoin - des avantages, mais peut également apporter des inconvénients. Toute situation comprend de bonnes comme de mauvaises choses, qui peuvent plus ou moins être importantes.
Je repensais alors aux merveilleux moments passés avec Edward , en passant par notre première rencontre, notre premier baiser, le mariage, notre première fois, nos moments intimes et complices, avant de divaguer sur l'attaque de James, de Victoria, des nouveaux nés, et sans faire abstraction des mauvais moments à passer tel que la rupture avec mes proches et ce que j'aime afin de passer l'éternité avec l'homme de ma vie. Cette dernière condition compensait largement les autres. Edward en valait vraiment la peine.
Carlisle avait finalement raison, tout n'était ni trop rose, ni trop noir, mais un mélange des deux, comme pour garder un certain équilibre.
- Te rends-tu compte de l'importance que tu as dans notre famille, Bella ?
- Oui. M'entêtais-je à répondre, touchée par les propos du chef de famille.
- Sais-tu également combien nous ne désirons pas t'imposer quelque chose dont tu n'aurais pas envi.
- Rien dont je vous ai fait part, est quelque chose dont je n'ai pas envi.
- Je sais, mais l'un des tes désirs reste compliquer à exaucer.
- Ma transformation. Affirmais-je presque de suite, après avoir senti Edward se crisper à mes côtés.
- Oui. Je sais que rejoindre nos rangs est très important pour toi. Tu sais également que nous ne sommes pas contre cette volonté. T'accueillir dans notre famille, comme étant l'une des notre est également notre souhait. Aussi égoïste que cela puisse paraître. Mais nous ne ferons rien si ça ne viens pas naturellement de toi. Nous ne tenons en aucun à te forcer la main.
Je ne bronchais pas, attendant que Carlisle en vienne explicitement aux faits.
- Comme tu le sais, ta transformation est devenu plus ou moins officielle.
Je secouai la tête de haut en bas, lentement, assimilant au fur et à mesure ses paroles.
- Certaines promesses peuvent dans certains cas ne pas être prise au sérieux, d'autres ne peuvent pas admettre cette solution.
Je fronçai les sourcils, m'accrochant à ce que Carlisle faisait silencieusement allusion. Le dessein se forma l'entement et cruellement sous mes yeux. J'étouffais un hoquet de terreur et m'arrêtai machinalement de respirer, réalisant ce que ses paroles passées signifiait.
- Les Volturis... . Soufflais-je dans un souffle.
- Tu sembles assimiler la situation.
- Ils ont dans l'intention de venir s'assurer que notre part du marché à bien était honorer. Me précisa Esmé.
Mon sang ne fit qu'un tour . Je me figeai, et réfléchie aux conséquence de leur venu.
- Nous avions en projet d'avancer ta transformation, afin de s'assurer que leur venu sera sans risque pour toi et le clan. Reprit Carlisle, la quiétude incarnée.
- L-Leur ve-venue est prévu pour-pour quand ? Bégayais-je.
- Pour la fin de la semaine.
Cette fois ce fut Alice qui répondit à ma question.
Le temps en compagnie de vampires, finissait par me faire perdre mes repères en matière de temps.
- Quel jour sommes-nous ? M'enquis-je sonnée par le délai, qui était des plus court.
- Lundi 17 août. Affirma Rosalie, qui s'exprimait pour la première fois depuis notre entrée dans la maison.
Je me levai de ma chaise en titubant, sous le regard désolé de tout les Cullen. Edward se leva également avant de me serrer fortement contre lui.
- Une question se doit d'être posée Bella. Le délai étant particulièrement avancée, il est important que tu sois mise au courant des risques que tu encoures. Edward et toi pouvez toujours poursuivre dans votre voix et donc laisser mon fils te transformer comme il était prévu. Mais ne serait-il pas également raisonnable de ne courir aucun danger en me laisser le droit de recourir à ta requête ? S'enquit Carlisle.
Mon époux embrassa mes cheveux à ce même moment. Il devait sûrement être conscient de se sacrifice.
- Carlisle, je ne peux pas ne pas faire confiance à Edward. Nous nous sommes toujours mit d'accord que se serai Edward qui procéderai à mon changement. Je lui fait entièrement confiance et tiens vraiment à ce que sa soit lui qui me tue.
A mon dernier mot, je sentis mon Vampire de mari avoir un léger mouvement de recule. Je n'y fis pas plus attention, sachant déjà ce que mes paroles représentaient pour lui.
- Parfait. Acquiesçai Carlisle.
- Quand procéderont nous à ma transformation ? M'enquis-je, en m'efforçant d'avaler la boule qui obstruai ma gorge.
- Demain soir, au plus tard.
- Nous avons juger bon de te laisser du temps avant que tu ne quittes ta vie d'humaine et ne t'éloignes des personnes proches de toi. Me fit remarquer Esmé.
Je les remerciai intimement de ce geste et de cette attention qui comptait beaucoup pour moi.
[...]


