Dans leurs excès ils meurent tels la poudre et le feu
Que leur baiser consume ... "
La soirée où nous avions prévu de procéder à ma transformation s'était rapprochée beaucoup plus vite que ce que j'avais prévu.
Tout les Cullen et moi étions silencieusement regroupés dans l'immense salle à manger - qui allait bientôt ne plus du tout servir.
L'atmosphère était tendue malgré les efforts de Jasper.
Chose compréhensible quand on savait ce qui allait se produite ce soir même. Jamais je n'avais eu l'occasion d'assister à pareil ambiance venant de chez les Cullen, qui d'habitude se trouvaient enthousiastes et d'un naturel joyeux et serein.
Jamais cette famille n'avait ouvertement montrer une quelconque peur quand il s'agissait de chose beaucoup plus vitales et importantes qu'une simple transformation. Pourtant c'était bien ce sentiment qui ressortait de chacun d'eux. La peur - un sentiment qui finissait par mettre étonnement familier.
Peur de perdre un être qui désormais leur est cher, peur de perdre un membre appartenant à part entière à la famille, peur de commettre un acte irrévocable, peur de savoir leur instinct prendre le dessus sur leurs sentiments, peur de ne pas connaître ce que l'avenir leur réservait, peur de l'inconnu.
En effet, depuis la veille, Alice se trouvait incapable de nous renseigner sur quoi le future serait fait. Chose qui avait le don de la frustrée au plus haut point et d'empêcher la maison de se détendre un tant soit peu. Edward ne cessai de s'agiter et de me prier de le pardonner pour ce qu'il allait m'infliger. Carlisle finit par prendre la parole alors que mon époux parcourait pour la énième fois chaque pièce de la villa en espérant trouver un moyen de se détendre.
Je soupçonnai le chef de famille d'avoir rappeler à l'ordre mon Apollon quand ce dernier fit une entrée fracassante dans la salle dans laquelle nous nous trouvions tous.
Carlisle nous invita à prendre place. Naturellement je me trouvais aux côtés de l'être qui comptait le plus au monde pour moi, et en bout de table.
- Bella. Sais-tu à quel point nous tenons tous à toi ? Comprends tu ce que tu représente pour notre famille ?
- Oui, Carlisle. Et je vous en resterez éternellement reconnaissante. Vous avez su m'accepter comme j'étais, vous avez accepter de me faire confiance et de me confier votre secret alors que je ne suis qu'une humaine.
- Nous avons tous confiance en toi. Nous ne pouvons et ne pourrons jamais faire autrement. Tu es devenu membre à part entière de la famille. Personne ne s'opposera à cette affirmation. Tu as malgré tout fais le choix de réellement t'accorder à nos vrais natures, et tu as toi-même décidé de rejoindre nos rangs. Tu sais que ce n'est pas chose facile d'y parvenir. L'appel du sang se trouve être très difficilement résistible. Cette condition ne t'a pourtant pas fait changer d'avis. Tu as maintenu ton désir de quitter ta vie d'humaine pour te relier à la notre.
J'acquiesçai.
- Aussi égoïste que cela puisse paraître, nous sommes tous très heureux que tu es suivi cette option. T'accueillir comme étant l'une des nôtres est une chose que nous désirons tous. Esmé et moi-même sommes très fières de te garder au sein de la famille et d'adopter - si je puis dire - une nouvelle enfant. Nous sommes d'hors et déjà très fier de toi.
Cette déclaration me toucha beaucoup. Je ne me doutais pas que me savoir bientôt l'une des leurs les réjouissaient autant. Cependant j'était toujours peu convaincue que ce soit le cas pour tous. Surtout en ce qui concernait Rosalie et une part d'Edward.
La blonde sculpturale m'avait donnée l'impression de m'avoir nettement plus accepter depuis mon mariage avec son frère, mais au point de me vouloir dans sa famille restait pour moi un point qui se devait d'être encore précisé.
En ce qui concerne Edward, ce dernier ne m'avait jamais repoussé, mais je savais qu'il tenait à moi pour toutes les raisons qui prouvaient que j'était bien vivante et humaine. Mon c½ur qui ne cesse de s'affoler à chacun de ses contacts ou seulement dû à sa présence, les rongeurs qui dessinent si bien le contour de mes joues, mes pauvres réflexes d'humaine, ma maladresse légendaire, ma chaleur corporelle,... tout ceci étaient des facteurs auxquels Edward tenaient beaucoup. C'étaient également des choses qui m'angoissaient considérablement. J'avais réellement peur, qu'une fois vampire, son attirance pour moi ne s'efface, dû à l'évanouissement de toutes ces caractéristiques.
Esmé m'interrompit dans mes pensées.
- Bella. Tu sais que j'ai perdu un enfant avant de devenir vampire. Je serai heureuse de te donner tout l'amour dont j'ai tant était privé.
- Merci Esmé.
La mère vampire m'adressa un sourire éblouissant et attendrissant.
- Une question se doit d'être enfin posée Bella. Reprit Carlisle.
Edward grogna à mes côtés. Je n'y fit pas attention et reporta mon attention sur le chef de famille.
- Désires-tu toujours autant qu'Edward procède à ta transformation où désires-tu me transmettre cette tache ?
Je regardais d'ambiais Edward. Ce dernier fuyait mon regard. Je savais ce que représentais cette conversation pour lui.
- Je veux que ce soit Edward qui me transformes. Affirmais-je sans pour autant me démonter.
- Très bien. Quoi qu'il puisse arriver je serais également là. Edward te sens-tu prêt ?
Mon époux se leva et me tendit la main. Je la saisit, il me tira lentement à lui.
- Bella, as-tu bien réfléchie ? Es-tu vraiment sûr de vouloir faire cela ? Tu ne pourra plus jamais revenir en arrière après ça.
- Je t'aime. N'est-ce pas suffisant pour te faire comprendre que c'est vraiment ce dont j'ai besoin. Tu es ma vie. Comment veux-tu que je vives sans ma vie ?
- Carlisle, je suis prêt. Chuchota-t-il sans prendre la peine de me répondre.
La patriarche hocha la tête. Tout les Cullen se levèrent. Esmé m'enserra tendrement contre elle en me souhaitant bon courage pour ma transformation. Alice prit le relais en me sautant dans les bras.
- Alice ...
- Bella, je t'en pris ne nous fait pas de mauvais coup. Bas toi jusqu'au bout, ne nous laisse pas tomber. Ne pas voir ton avenir me rend folle. Je n'ai aucune idée de ce qui va se passer. Je ne peux rien promettre ni même avancer. Je ne te vois plus depuis hier soir. Promet moi de ne jamais céder.
- Alice. Tout vas bien se passer. Tentais-je de la rassurer, prenant cependant garde de ne pas lui promette quelque chose dont je ne pouvais pas être sûr.
Elle m'embrassa sur la joue avant de s'écarter afin de laisser un Emmet plus imposant que jamais m'étreindre. Je cru faillir y laisser ma vie dès que ses muscles se refermèrent sur moi. La respiration coupée, je parvins cependant à lui chuchoter.
- Emmet, tu me tues en avance. Ironisais-je.
Ce premier s'exclaffa non sans pour autant me relâcher.
Seule une petite tape amicale sur son épaule l'obligea à me redéposer, et par conséquent me permit de reprendre mon souffle.
Jasper apparût derrière la grande silhouette d'Emmet.
Le plus jeune des vampires se contenta de m'embrasser rapidement sur la joue et d'un sourire avant de s'écarter.
Rosalie s'approcha à son tour.
- Excuse moi pour mon attitude du début. Je voulais protéger ma famille. Je n'acceptais pas qu'une humaine puisse rejoindre nos rangs. Je me dois de te l'avouer, j'étais jalouse. J'aurais tant voulu ne pas être condamnée à cette vie. Et toi tu choisis cette option. Il m'a toujours était dure de comprendre ton choix. Je t'ai juger bien trop vite. Je m'en excuse, petite soeur. M'avoua-t-elle avait de me serrer contre elle.
- Je comprend, Rosalie. Je me doute que ce n'a pas dû être chose facile à accepter.
La vampire me sourit avant de rejoindre sa moitié.
Edward se colla un peu plus à moi en enfouissant son visage dans le creux de mon cou. Je frissonnais.
- Ces frissons me manqueront. S'entêta-t-il à murmurer.
Cherchait-il à me faire culpabiliser ?
- Bien d'autres caractéristiques te plairont une fois que je serais comme toi. Rétorquais-je d'un ton mesuré.
Il soupira.
- Edward, cesse de tenter de me faire changer d'avis. Je veux vraiment devenir comme toi.
- Jure moi de ne jamais m'en vouloir, Bella.
- Je te le jure, Edward. Je ne pourrais jamais te blâmer étant donné que c'est moi qui te l'ai demandé. Ce ne serait juste envers aucun de vous tous. Je sais ce que représente un pareil sacrifice pour vous. Je suis consciente de tout les enjeux que vous plaçaient à mes côtés en m'offrant ce que je désire.
Il déposa avec prudence un furtif baiser sur mes lèvres. Je savourais chacun de ses contacts, sachant que c'étaient les derniers de ma vie d'humaine. Quelque chose au fond de moi m'ordonnait de hurler et de détaler à toutes jambes, mais je m'efforçais de faire abstraction de cette voix.
Depuis que j'avais rencontrer les Cullen et toutes les difficultés qui accompagnées cette rencontre, jamais je n'avais fait preuve d'instinct de survit. Et voila, qu'une fois destinée à me faire transformer je ressentais une sorte de peur à l'encontre de ce qui m'attendait dans les jours à venir.
Je tentais difficilement d'avaler la boule qui obstruait soudainement ma gorge -, y parvins cependant.
Jasper du aisément sentir mon malaise car une bouffée de courage et de calme m'envahit.
Je le remerciai d'un discret sourire. Ce dernier me le rendit de la même façon que je venais de l'avoir fait.
- Bella es-tu prêtes ? Me demanda Carlisle.
J'opinai fièrement. Jasper m'étais bien entendu d'une grande aide. Un échange silencieux se fit entre le père et Edward. Ce dernier hocha gravement le menton avant de s'emparer de ma main. J'enlaçais un peu plus mes doigts autour des siens, et posai ma tête sur son épaule pendant que l'on montaient lentement les marches qui nous menaient à l'étage. Je regardais avec une attention nouvelle chaque parcelles de la villa. Nous nous retrouvions bientôt devant la chambre de mon époux. J'hésitais étrangement à avancer. Edward s'en aperçut.
- Bella ? S'inquiéta-t-il.
Je le rassurai du mieux que je pouvais en lui souriant. Il ne se dérida pas pour autant.
- Sa va aller, c'est juste que je prend le temps de regarder les pièces avec mes yeux d'humaine avant de changer.
- Tu les verra toujours de la même façon, Bella. Me rassura-t-il.
J'acquiesçai avant d'entrer dans la chambre qui m'avait tant accueillie étant simple et banale.
La seule pensée de savoir que bientôt je deviendrai plus belle, plus forte, beaucoup moins banale, et occuperai un rôle nettement plus important au sein de cette famille, me réjouissait considérablement.
Je fis preuve d'un nouvelle résolution et m'écria à travers la chambre.
- Vas y Edward, mords moi !
L'adonis soupira avant de lever les yeux au ciel. Néanmoins l'originalité de la situation finit par le faire craquer, et l'hilarité le gagna. Je me joignit à ses rires en me pelotant contre son torse. Mais bien vite une atmosphère pesante s'installa entre nous et les rires s'envolèrent rapidement.
- J'aurais espérer ne jamais avoir à faire cela. Murmura-t-il au creux de mon oreille.
- Et moi, je n'aurais jamais cru avoir à subir cela. Prononçais-je sur le même ton.
- Je t'aime tellement, Bella.
- Je t'aime aussi. Sans doute beaucoup plus que ce que tu m'en crois capable.
Je dessinai du bout des doigts ses lèvres trop parfaites et pleines.
Saura-t-il se contenir face à l'appel de mon sang ? Oui, j'en était persuadée.
Où peut être tentais-je de m'en persuader ?
Son visage se ferma au fur et à mesure que notre entretien durai dans sa chambre. Tentai-t-il de repousser l'échéance ?
Je me plongeai dans ses iris incandescentes.
Une nouvelle lueur s'y reflétait, et je connaissais que trop bien cette expression. Je guettai le contre coup de ce que nous nous apprêtions à faire. Une voie grave et douloureusement enrouée par la colère monta jusqu'à nous.
- Bella !
Je reconnaissais mieux que quiconque à qui appartenait ce chaud ténor.
- Edward, mords moi avant qu'il ne déboule ici ! Le suppliais-je, redoutant ce que l'homme au rez de chaussé serai capable de faire à mon époux s'il le voyait près à me tuer.
Je préférais de loin ne pas avoir à supporter le courroux de mon ancien meilleur ami.
J'étais bien trop égoïste. J'en étais consciente.
Mais tout sauf ça. Je serrai incapable de supporter l'affrontement qui aurai lieu entre les deux hommes de ma vie.
Un autre éclat luisait à présent dans les prunelles du vampire qu s'apprêtait à me « tuer » . L'éclat d'une résolution nouvelle prenait possession de tout ses traits. Je deviner que trop bien que le moment où l'homme devant moi aller procéder à mon désir était arrivé.
Carlisle arriva en ce même moment dans la chambre.
- Edward, Jacob Black est en bas.
- Je sais, répondit mon Apollon, d'une voie lointaine - sans jamais détourner son regard du mien.
Sa voix était méconnaissable. Chose qui me surprit. Son ténor trahissait son envi de me mordre. Il se laissais doucement aller à sa vrai nature tout en gardant un certain contrôle.
Une nouvelle facette de cet Adonis se délivrait à moi.
- Edward tu devrais la mordre avant qu'une guerre éclate ici avec le quileute.
- D'une manière ou d'une autre une guerre éclatera. Murmura-t-il d'une voix absente.
- Alors fais en sorte que Bella ne la voit pas.
- Bella, je resterais près de toi durant ta transformation. La morphine est prête. Annonça-t-il, à mon attention cette fois ci.
- Carlisle faites en sorte que ni Edward ni Jacob ne soit blessé. Le priais-je.
- Je resterai fidèle à moi-même Bella. Ne t'inquiète pas. Tout se passera bien.
Je ne pouvais cependant ne pas en être aussi sûr que lui. Jacob allait vraiment être furieux et qui plus est triste, à en devenir fou.
Le médecin s'immortalisa dans un coin de la pièce - en retrait -, tandis que les cris de mon ancien meilleur ami résonnaient à travers l'immense villa.
Edward me désigna du doigt le lit derrière moi. Je refusai de m'allonger, et gardai la tête haute. Je lui ferai face jusqu'au bout. Jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Cette pensée me traversant l'esprit, me rappela le serment que nous nous avions fait le jour de notre mariage. Celui où nous avions jurer de rester unis jusqu'à ce que la mort nous sépare. Bien entendu ce serment était hors sujet par rapport à ma renaissance. La mort n'était qu'un intermédiaire par rapport à la vie que nous mèneront par la suite ensemble.
Les cris de Jacob redoublèrent leur intensité et ses grondements faisaient désormais littéralement vibrer les murs de la maison. Je redoutais qu'un des Cullen en bas ne soit blesser en voulant retenir Jake.
Dans la chambre, tout avait plutôt l'air silencieux. Ce n'était qu'une allusion bien entendu. Jasper devait encore une fois se trouver derrière tout ça, et avoir crée une bulle sereine autour de moi. Je l'en remerciai à nouveau intérieurement.
Edward pour sa part, ne montrait plus aucune hésitation à vouloir me transformer. D'un pas franc il s'avança vers moi. Mes yeux se retrouvèrent à niveau de ses épaules. Je ne relevais pas mon regard, voulant garder à l'esprit un Edward peu sûr de lui et dans la mesure du possible humain.
M'attendant à ce qu'il plonge directement dans mon cou et que par conséquent ses canines entrent dans ma chair, je grimaçai à l'avance et fermai les yeux.
Mais une tout autre sensation se produisit.
Ses lèvres se déposèrent avec une douceur incomparable sur les miennes.
J'ouvrais mes paupière sous le coup de la surprise et plongea dans ses prunelle d'un noir onyx. Ses commissures quittèrent - à mon goût - bien trop vite les miennes avant de descendre le long de mon menton et enfin se poser au niveau de ma jugulaire. Je fermai mes yeux et me concentra sur son contact.
Sa bouche s'entrouvrit et son haleine fraîche sur ma peau me procura de derniers frissons.
Ses dents parvinrent enfin à dépasser la limite que nous nous étions fixés jusqu'à maintenant, et s'enfoncèrent lentement dans ma chair.
A ce même moment la porte de la chambre vola en éclat et laissai apparaître un Jacob extrêmement irrité.
Étant toujours bien consciente des choses qu'il se passaient, je pus apercevoir que Jacob tremblait de tout ses membres, à en devenir flou.
Edward me souleva légèrement et se recula dans la chambre - jusqu'à être près de la fenêtre - tandis que son père s'avançai vers le milieu de la pièce, face à Jacob.
Je commençais légèrement à perdre pied dans toute cette histoire.
Edward tenait fermement mon cou entre ses dents.
Une de ses mains enserrait ma taille, ses doigts retombant sur ma hanche dessinaient de petit cercles tendres sur cette dernière - chose qui me prouvait qu'il avait toujours le contrôle de la situation et qu'il sentait toujours ma présence. Son autre main agrippait fortement la racine de mes cheveux.
Il menait à ce moment même une lutte effrénée contre lui-même.
- Bella ! hurla Jacob.
- Recule Jacob. Edward sais ce qu'il fait. Le conjura Carlisle.
- Espèce de buveurs de sang ! Vous allez la tuer !
Jacob tenta de feinter sur le côté, Carlisle en fit de même, et se retrouva à nouveau en face de l'indien et l'empêcha de passer.
Ce dernier grogna et son corps fut de nouveau secoué par d'autres tremblements.
- Calme toi, Jacob.
- Le traité est rompu. Grogna l'indien.
- Nous savons et assumons entièrement notre acte. Nous prenons notre entière responsabilité.
- Vous aller la tuer ! Hurla le quileute. Edward ! Feula-t-il ensuite, d'un ton menaçant.
La mâchoire de ce dernier resserra son emprise autour de mon cou. Je tressaillis et serai les dents. Mes mains étant posées sur son dos, mes doigts agrippaient avidement sa peau d'albâtre. Mon souffle était saccadé et je mettais mise à fortement haleter.
Son venin commençait à m'incendier considérablement.
C'était sûrement le geste de trop. Jacob se jeta sur Carlisle.
Des jurons s'échappèrent des deux hommes.
Le vampire était accroupi, près à bondir, tandis que Jacob jurai de son côté et était horriblement tendu.
J'aurais voulu intervenir mais l'inconscience me rattrapait à grand pas. J'entraperçu seulement un grand nombre de personnes intervenir dans la chambre - les autres Cullen sans aucun doute - avant que ma vue ne se brouille.
Seuls les bruits continuaient à me parvenir. Des jurons, des hurlements, des claquements de dents, des voix.
Les dents d'Edward effectuèrent une dernière pression avant de se retirer.
Penser que le moment où ses dents cesseraient leur compression m'apporterait un certain soulagement, était lourdement me tromper.
Je manquer de m'écrouler au sol lorsqu'il relâcha légèrement sa prise, mais son adresse me permit de ne pas tomber. J'utilisais les dernières forces qu'il me restait afin de le contempler. Son visage était flou mais peu m'importait. Je le connaissais assez pour m'imaginer les traits qui devaient avoir prit possession de sa magnifique frimousse. De la haine envers lui-même, le désespoir de m'avoir blessée, la tristesse qu'il éprouvait, la colère, le remord.
J'esquissais un faible sourire et parvins à caresser ses lèvres - rougit par mon propre sang - du bout des doigts.
Je sombrais.
Le trou noir avait apparu pour de bon et les bruits alentours s'éloignaient de plus en plus jusqu'à totalement disparaître.
Je comptais sur l'inconscience pour m'accorder un moment de répit.
Je me trompais une fois de plus.
Ce n'étais en rien une partie de plaisir comme j'avais aimé y croire.
Je me retrouvais comme enfermer dans une cage insonorisée, à hurler ma douleur. Au fur et à mesure que le venin se répandait en moi et asséchait mes veines, j'hurlais intérieurement.
Comment une telle douleur est-elle possible ?
L'impression de me faire poignarder de toutes parts me frappaient. Je tentais vainement de me débattre, sans aucun résultat notant. Était-il possible que la mort soit aussi douloureuse ?
Non, en comparaison à la renaissance. Seule cette dernière était réellement douloureuse.
J'aurai à ce moment même préférer mourir, mais une voie extérieur m'intimai de continuer à supporter cette douleur. Pas la voix que j'aurais cependant aimer entendre. Une voix chaude et sensuelle malgré la souffrance qui l'assaillait également. Celle de Jacob. Ce dernier était près de moi. L'intonation de sa voix était parvenue à m'atteindre.
Je tentais alors de me convaincre que la torture que l'on me faisait vivre n'était autre que de mauvaises allusions, mais des nouvelles brûlures me poussèrent à penser le contraire.
Je me remis à hurler ma souffrance.
M'entendait-on seulement ? Je n'en savais strictement rien.
Je n'arrivais pas à penser ni à cesser de m'époumoner. Je ne sentais rien d'autre mis à part mes veines en feu.
Le poison poursuivait sa route tout en prenant son temps. Mes membres avaient étaient les principales cibles. Mon c½ur battait la chamade malgré le venin qui s'efforçais de me tuer. Je ne relâchai pas mes efforts, et continuait à me battre du mieux que je pouvais ne voulant pas donner raison à la toxine qui s'était infiltrée en moi.
De violents élancements me permirent de remonter à la surface et revenir un court instant parmi la réalité.
Je criais lorsque je parvins à quitter momentanément la cage qui m'avait gardée enfermée. Une sensation incomparable de froid m'emprisonnait de plus en plus. Les muscles de mes bras étaient entièrement congelés, tandis qu'une chaleur irradiait à mes côtés. Je tâtonnais espérant trouver la source d'où émanait tant de chaleur. La main de Jacob enserra avidement la mienne.
Je tentais d'ouvrir les paupières. Réussi seulement à les entre ouvrir. Cela était cependant suffisant pour me permettre d'apercevoir le visage inquiet et douloureux de mon ancien meilleur ami.
- Jacob ? Marmottais-je.
- Bella ! C'est moi !
- Combien de temps ? Soufflais-je.
- Bella, sa ne fait qu'une heure. Je te jures que le buveur de sang ne te refera plus jamais de mal.
- Où est Edward ? Me démenais-je à murmurer.
A mes paroles un souffle frais envahit la salle et la paume irradiante de Jacob fut très vite remplacée par une main tiède.
- Bella, je t'en prit pardonne moi.
Edward. L'homme de ma vie était à mes côtés. Inconsciemment cela me rassurai. Mais j'étais trop affaiblie pour m'en rendre compte.
- Edward. Murmurais-je en tentant - vainement - de sourire.
- Oui c'est moi, chérie. Je t'en prit pardonne moi toute cette souffrance.
- De quelle souffrance parles-tu ? Tentais-je d'ironiser.
La douleur même me répondit. Je rebasculait de l'autre côté et me retrouvais à nouveau transpercée de toutes parts, enchaînée à un instrument de torture derrière une porte verrouillée dont je n'avais pas la clés. Seul le temps permettrai à cette porte de s'ouvrir.
Pouvait-on me tuer une bonne fois pour toute et m'éviter tout ceci ? Malheureusement recourir à cette requête m'était inévitablement impossible.
Le virus ayant élu domicile en moi s'amusait à lentement me faire mourir. Comment pouvait-il ne s'être passer qu'une seule heure depuis ma morsure ? La douleur que j'avais pu ressentir durant mes 18 ans de vie d'humaine n'étant rien en comparable à celle que je ressentais à ce moment.
Aucune main, aucune épaule ne m'était tendue cette fois-ci. Seul le temps se trouvait être mon allié.
La toxine se propageait sans relâche dans mes veines et artères. La plupart avaient finit par s'assécher avant de se solidifier et de se geler. La froideur mélangée à la chaleur procurée par le poison était insoutenable.
Je cessai de m'époumoner un instant - plus pour reprendre mon souffle que pour tenter d'atténuer la souffrance. J'hurlais comme j'étais censée respirer. Le manque d'oxygène se faisait de plus en plus habituel. Par conséquent j'haletais plus fortement et cela aggravé considérablement ma douleur.
La cage dans laquelle l'on m'avait emprisonnée avait l'air de se rétrécir au fur et à mesure que la transformation avançait. Les poignards - eux - se firent plus présents, plus puissant, plus nombreux.
Je tentais de surmonter les blessures que l'on m'infligeait, y parvins seulement un court moment.
J'allais bientôt déclarer forfait. Lutter de cette manière tout en étant à bout de force était bien trop éprouvant pour moi.
- Bas toi, Bella !
Une autre voie, plus forte et beaucoup plus autoritaire m'ordonna de me battre et de ne jamais baisser les bras, quoi qu'il m'en coûtait.
Le ténor d'Edward était reconnaissable malgré l'inquiétude et le remord qui le rongeait.
J'aurais voulu lui crier « comment ? », mais ceci ne m'était pas permis. J'étais cloîtrée ici, condamnée à souffrir mil morts sans recevoir d'aide de personne. Condamner à encaisser les pires souffrances possibles au monde.
Mes membres ne me faisaient désormais plus souffrir, au contraire de mon torse qui avait emprisonné toute la douleur précédemment ressentie.
Comment était-il possible que cela n'aille que de pis en pis ? N'était-il pas plus normale que cela aille en s'arrangeant ?
Non, rien n'était normal à ce stade.
Un nouveau déchirement intérieur me sortie de mon agonie, et je retrouvais pour une seconde fois la réalité.
Edward toujours à mes côtés me serrai la main, et ne cessai d'embrasser ma paume en s'excusant.
- Edward ... Edward... Répétais-je, l'esprit flou.
- Je ne te quittes pas, mon amour. Je reste là.
- Combien de temps ?
- Un jour, Bella. Un jour. Ne baisse pas les bras, je t'en supplie, reste avec moi. Ne me quittes pas. Bats toi, Bella. Jusqu'au bout.
Je hochai la tête n'étant cependant pas sûr d'avoir assimilé ses paroles, qui avaient disparues au fur et à mesure qu'il les avait énoncé.
Comme l'autre fois, le bourreau me ré enchaîna au pilier qui conduisait au supplice.
J'hurlais Edward. J'hurlais de le vouloir près de moi, j'hurlais d'avoir le droit à son soutien. Rien ne m'eut était autorisé à part de nouveaux calvaires.
Mes poumons furent perforés dans un même élan et furtivement. Mon hurlement les déchira d'avantage. Je tentais à nouveau de supporter le mal que cela me procurait mais je n'y parvins pas cette fois-ci.
Mes organes vitaux - sauf peut être mon c½ur - furent tous attaqué dans un mouvement uniforme. La douleur se décupla - pour mon plus grand malheur.
Mes reins, mon foi, mes estomacs, étaient parfaitement bien lasserais et meurtris.
Je ne cessai de m'égosiller, incapable de faire autrement. Ne sachant pas comment faire autrement.
J'aurais voulu abandonner. Laisser derrière moi toute cette torture. Abandonner la partie. Jeter les pions qui me retenait prisonnière ici. Prier le bourreau de me tuer.
Le même courroux qui avait surgit le jour où j'avais sauter de la falaise à la Push, résonna cette fois encore - m'enguirlandant plus fortement.
- Bella ! Ne baisse pas les bras ! Je te l'interdis ! Fais le pour moi !
Mon c½ur fut assaillit par l'ensemble des poignards qui avaient fait saigner chaque parcelles de mon corps depuis maintenant 2 jours. Je devinais que ma transformation allait bientôt arriver à terme.
Mon c½ur était maintenant le seul organe à continuer de se débattre. Le venin avait enfin réussi à prendre raison sur le reste de tout mon corps.
Mes veines et artères n'étaient plus douloureuses, étant désormais totalement asséchées et glacées. Seul le contraste avec celles de mon c½ur me faisait terriblement souffrir.
Mon c½ur ne battait plus la chamade comme il l'avait fait au début, mais s'efforçait toujours autant de repousser la toxine qui menaçait de le ronger à petit feu.
Mes battements était comptés. Une palpitation résonnait à travers tout mon corps de temps en temps. Chaque palpitations étaient de plus en plus éloignées jusqu'à devenir totalement absentes.
Mon c½ur avait finit par également perdre le combat, et laisser le champ libre au virus qui avait finit par entièrement me contaminer.
Je fus heureuse que les brûlures cessent leur carnage.
Cette chaleur fut très vite remplacée par le fraîcheur.
Mais une question subsistait.
Étais-je morte après avoir baisser les armes ? Ou bien étais-je parvenue à me battre jusqu'au bout ?
[...]
THE transformation a enfin eu lieu. J'espère ne pas vous avoir déçu par ce chapitre tant attendu. Pour ma part je n'en suis pas terriblement fière. Le plus important reste néanmoins votre estimation sur ce passage tres important au sein de l'histoire.
C'est également LE plus long chapitre que j'ai écrit depuis le début de ma fic. J'ai fait un maximum d'effort afin que la transformation ne tienne pas seulement sur deux lignes.
